Peut-être s’agissait-il d’une tache d’humidité sur le canapé, de quelques allers-retours supplémentaires aux toilettes pendant une visite, ou d’une réticence soudaine à venir au barbecue familial. Quelle que soit la manière dont vous l’avez remarqué, vous vous demandez désormais si quelque chose ne va pas chez votre mère ou votre père, et comment diable aborder le sujet.
C'est une conversation qui peut sembler gênante pour les deux parties. Vos parents ont passé des années à prendre soin de vous, et aborder un sujet aussi personnel avec leur enfant peut leur sembler un grand changement. Abordée avec délicatesse, cette conversation peut toutefois constituer la première étape pour qu'ils bénéficient d'un soutien adapté et se sentent à nouveau eux-mêmes.
Vous trouverez ci-dessous quelques conseils pour aborder cette première conversation, ce qu'il faut éviter de dire, ainsi que des moyens concrets de les aider une fois que le sujet aura été abordé.
Signes indiquant que votre parent souffre peut-être de fuites urinaires
Beaucoup de personnes gardent leurs fuites urinaires pour elles pendant longtemps, parfois des années, avant d’en parler à qui que ce soit. Cela signifie que les signes sont souvent discrets et faciles à manquer. Voici quelques éléments que vous pourriez remarquer :
- Aller aux toilettes beaucoup plus souvent, ou vérifier sans cesse où se trouvent les toilettes les plus proches
- Refuser des sorties, des voyages ou des activités sociales qu’il ou elle appréciait auparavant
- Boire moins, en particulier avant de quitter la maison
- Une quantité de linge à laver supérieure à la normale, ou le fait de laver des vêtements et du linge de lit à des moments inhabituels
- Une légère odeur dans la maison, la voiture ou sur les vêtements
- Le fait de porter des vêtements de couleur plus foncée, ou de garder une veste nouée autour de la taille
- L'utilisation de mouchoirs en papier, d'essuie-tout ou de serviettes hygiéniques comme solution de fortune
Un seul de ces signes, pris isolément, n’a pas grande signification. Mais si plusieurs d’entre eux se manifestent simultanément, ou s’ils marquent un changement par rapport au comportement habituel de votre parent, cela mérite votre attention.
Avant d’aborder le sujet
Un peu de préparation peut faire toute la différence. Avant la conversation, il est utile de se mettre à la place de vos parents.
Pour beaucoup de personnes, les fuites urinaires sont source d’une grande gêne. Vos parents peuvent craindre de perdre leur autonomie, d’être traités différemment ou de devenir un fardeau. Ils peuvent également penser qu’il n’y a rien à faire et qu’il est donc inutile d’en parler.
Ce qui pourrait aider :
- Choisissez le bon moment. Optez pour un moment où vous êtes tous les deux détendus et où vous n’avez pas à vous dépêcher. Évitez les réunions de famille animées ou les moments où vos parents sont déjà stressés.
- Préservez l’intimité. Cette conversation doit se dérouler en tête-à-tête, et non en présence de votre conjoint, de vos frères et sœurs ou de vos petits-enfants.
- Essayez de vous asseoir côte à côte. Certaines personnes trouvent plus facile d’aborder des sujets personnels tout en faisant quelque chose ensemble, comme aller se promener, faire un trajet en voiture ou cuisiner. La pression est moindre lorsque vous n’êtes pas assis face à face.
- Renseignez-vous au préalable. Les fuites urinaires sont très courantes et souvent traitables, et les produits modernes sont bien plus discrets que beaucoup ne le pensent. En gardant cela à l’esprit, vous serez prêt à offrir un véritable réconfort, et pas seulement de la compassion.
Comment entamer la conversation
Il n’y a pas de scénario idéal, mais la manière dont vous entamez la conversation donne le ton à la suite de l’échange. Vous devriez commencer par exprimer votre attention, et non par ce que vous avez remarqué.
Commencer par « J’ai remarqué que le canapé était mouillé » peut donner à vos parents l’impression d’être pris au dépourvu ou les mettre mal à l’aise. Commencer par leur dire ce que vous ressentez à leur égard leur laisse la possibilité de s’exprimer à leur manière.
Voici quelques façons d’entamer la conversation :
- « J’ai remarqué que tu ne sortais plus autant ces derniers temps. Tout va bien ? »
- « Tu ne sembles pas tout à fait toi-même ces derniers temps. Est-ce que quelque chose te préoccupe ? »
- « J’ai lu un article expliquant à quel point les fuites urinaires sont courantes, même chez les personnes en bonne forme physique et actives. Ça m’a fait penser que je devrais prendre de tes nouvelles. »
Une fois qu’il ou elle commence à parler :
- Écoutez plus que vous ne parlez. Laissez-le ou la laisser s’exprimer avec ses propres mots et à son rythme.
- Restez calme dans votre réaction. Même si vous êtes surpris, une réponse détendue et neutre lui montre que ce n’est pas un problème majeur pour vous.
- Posez des questions ouvertes. Des questions telles que « Depuis combien de temps cela dure-t-il ? » ou « En quoi cela affecte-t-il votre quotidien ? » vous aident à comprendre sans le mettre mal à l’aise.
- Laissez-le mener la conversation. Demandez-lui en quoi il aimerait que vous l’aidiez, plutôt que de proposer directement des solutions.
Ce qu’il faut éviter de dire
Même avec les meilleures intentions du monde, certaines remarques peuvent faire se sentir votre parent rabaissé ou encore plus gêné. En voici quelques-unes à éviter :
- « Ça fait partie du vieillissement. » Les fuites urinaires ne sont pas une fatalité que l’on doit simplement accepter, et elles touchent des personnes de tous âges. Présenter les choses ainsi peut également donner à votre parent l’impression qu’il n’y a rien à faire.
- Des mots comme « couches » ou « accidents ». Ils peuvent paraître puérils et blessants. Les expressions « fuites urinaires » ou « sous-vêtements de continence » permettent de rester dans un registre adulte et respectueux.
- Les blagues, même les plus gentilles. L’humour peut vous aider à détendre l’atmosphère, mais il peut donner à votre parent l’impression d’être la cible de la plaisanterie.
- « Tu dois » ou « Il faut que tu ». Lui dire quoi faire peut lui donner l’impression que vous prenez le contrôle. Les suggestions et les propositions sont beaucoup mieux accueillies.
- En parler à d’autres sans demander l’autorisation. Vous devriez vérifier avant d’en parler à vos frères et sœurs, à votre partenaire ou à toute autre personne. C’est à eux de raconter leur histoire.
Des moyens concrets d’aider
Une fois la conversation engagée, il existe de nombreuses façons d’aider. L’objectif est de soutenir votre parent, pas de prendre les choses en main ; proposez donc ces solutions comme des options plutôt que comme une liste de tâches à accomplir.
Encouragez-le à consulter son médecin généraliste
C’est la démarche la plus utile. Les fuites urinaires peuvent avoir de nombreuses causes, et bon nombre d’entre elles peuvent être traitées ou atténuées, parfois grâce à de simples changements. Un médecin généraliste peut également orienter votre parent vers une infirmière spécialisée dans la continence ou un kinésithérapeute spécialisé dans le plancher pelvien.
- Proposez-lui de prendre rendez-vous, de l’accompagner en voiture ou de l’accompagner à la consultation, mais laissez-le décider s’il souhaite que vous soyez présent dans la salle.
- Suggérez-lui de tenir un journal mictionnel simple pendant 2 à 3 jours avant la consultation, en notant la quantité de liquide qu’il boit, à quel moment il va aux toilettes et quand les fuites se produisent. Cela donnera au médecin généraliste une image claire de la situation et facilitera la discussion lors de la consultation.
Aidez-le à trouver les produits qui lui conviennent
L’idée que beaucoup de gens se font des produits de continence est dépassée depuis des années. Les options actuelles ressemblent beaucoup à des sous-vêtements classiques, tant au niveau de l’aspect que du confort, et sont conçues pour être discrètes sous les vêtements de tous les jours. Les culottes Invizi Pull-Up, par exemple, s’enfilent comme des sous-vêtements classiques et sont livrées dans un emballage neutre et discret.
- Examinez ensemble les différentes options, mais laissez vos parents faire le choix final. Le confort et la coupe sont une question de goût personnel.
- La commande en ligne avec livraison à domicile discrète leur évite d’avoir à acheter les produits en personne ou à les passer en caisse, ce qui constitue souvent l’une de leurs plus grandes inquiétudes.
Apportez de petits changements dans la maison
- Veillez à ce que le chemin menant aux toilettes soit dégagé et bien éclairé, surtout la nuit. Une veilleuse à brancher permet de réduire le risque de chute lorsqu’on se précipite vers les toilettes.
- Si la salle de bains est éloignée de la chambre, il peut être utile d’envisager l’utilisation d’une chaise percée à côté du lit.
- Les vêtements dotés d’une taille élastique ou de fermetures faciles à utiliser permettent d’aller aux toilettes plus rapidement.
- Des protège-matelas et protège-canapés imperméables permettent de ne plus se soucier des meubles.
Laissez-les continuer à faire ce qu’ils aiment
Les fuites urinaires peuvent pousser les personnes concernées à se détourner des activités qui leur tiennent à cœur. Continuez à inviter vos parents à sortir et facilitez-leur discrètement la vie, par exemple en choisissant des lieux dotés de toilettes accessibles ou en prévoyant des arrêts lors de longs trajets en voiture.
S'ils ne sont pas prêts à en parler
Tes parents risquent de faire comme si de rien n'était, de changer de sujet ou de te dire que tout va bien. Ce n'est pas grave. Une première conversation ne doit pas nécessairement déboucher sur un plan d'action.
- N'insiste pas. Insister sur le sujet peut les pousser à se refermer sur eux-mêmes et à se sentir encore plus gênés.
- Laissez la porte ouverte. Une phrase aussi simple que « D’accord, mais si jamais tu as besoin de quoi que ce soit, je suis là » lui fait comprendre qu’il peut revenir sur le sujet plus tard.
- Laissez passer un peu de temps. Attendez quelques semaines avant de reprendre doucement la conversation.
- Laissez-lui des informations. Une brochure du médecin généraliste ou un lien vers un article utile lui permettra de s’informer en toute intimité, quand il le souhaitera.
Quand demander de l’aide plus rapidement
La plupart des fuites urinaires ne sont pas urgentes, mais certains changements nécessitent un examen plus rapide. Vos parents devraient consulter rapidement un médecin généraliste s’ils présentent :
- Des fuites qui apparaissent soudainement, sans raison apparente
- Des douleurs, des sensations de brûlure ou de picotement lorsqu’ils vont aux toilettes
- Du sang dans leurs urines
- De la fièvre, ou une urine trouble ou à l’odeur inhabituellement forte
- Une confusion soudaine ou des changements de comportement, qui peuvent parfois être le signe d’une infection des voies urinaires chez les personnes âgées
- Une chute, ou un accident évité de justesse, en se précipitant aux toilettes
Avertissement : cet article est fourni à titre d'information générale uniquement et ne constitue en aucun cas un avis médical. La situation de chacun étant différente, il est recommandé de consulter un médecin généraliste ou un professionnel de santé qualifié pour toute question ou préoccupation.